vendredi 26 août 2016

La trilogie des Grands Lacs

La trilogie des Grands Lacs est un ensemble de trois ouvrages relatifs aux investigations du détective privé Cicéron Boku Ngoi dans deux pays d’Afrique, plus précisément la République du Zaïre, de nos jours la République Démocratique du Congo, ainsi que le Rwanda. Ces enquêtes – à savoir Dans l’œil du léopard, La chasse au léopard et Au pays des mille collines – sont donc connectées et peuvent être considérées comme une œuvre unique ou bien comme trois œuvres distinctes.

Sans conteste, au-delà de l’aspect imaginaire soutenant la trame de différentes investigations de Cicéron Boku Ngoi dans ces deux pays, le lecteur éveillé peut aisément percevoir la géopolitique en cours en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs africains. Ainsi la stratégie interplanétaire se développe-t-elle en Afrique, au détriment des autochtones, dans l’optique – surtout pour les Occidentaux, la Russie et la Chine – de s’imposer comme la puissance militaire et économique du vingt-et-unième siècle.


Format : EPUB sans DRM
ISBN : 979-10-91580-10-6

jeudi 21 juillet 2016

Sur les traces du Justicier exécuteur

Entretien avec Gaspard-Hubert Lonsi Koko sur son dernier ouvrage qu'il vient de publier à l'Atelier de l'Égrégore.

Vous venez de publier un nouveau roman intitulé Le justicier exécuteur. En avez-vous déjà assez, au bout de trois ouvrages, de votre héros Cicéron Boku Ngoi ? Qu’est devenu ce personnage très attachant aux yeux de vos lecteurs ?
Les pérégrinations de Cicéron Boku Ngoi concernaient trois affaires[*] ayant concerné trois investigations, en tant que détective privé, menées à la demande du Quai d’Orsay, c’est-à-dire du ministère français des affaires étrangères. Ces trois romans font partie intégrante de La trilogie des Grands Lacs. Le personnage de Cicéron Boku Ngoi s’est donc imposé à moi dans ce cadre précis. Il se manifestera peut-être de nouveau, à travers d’autres passionnantes péripéties.

Alors, qui est ce Justicier exécuteur ?
Il est question de Roger Dercky, un ancien membre de la nouvelle génération des gendarmes Katangais de Nathanaël Mbumba ayant longtemps sévi dans le Sud-Est de la République du Zaïre – plus précisément dans la région du Shaba, l’ex-Katanga – et dans le Nord-Est de l’Angola. Un homme qui s’est établi à Paris, après s’être enrichi dans le trafic des pierres précieuses.

Avez-vous une préférence entre ce personnage, en l’occurrence Roger Dercky, et Cicéron Boku Ngoi ?
Il est difficile, pour moi, d’avoir une préférence pour Cicéron au détriment de Roger, et vice-versa. Primo, comme moi-même, Cicéron Boku Ngoi et Roger Dercky sont nés à Kinshasa et ont grandi à dans la commune de Bumbu. De ce fait, nous sommes tous les trois des GaloisGal étant l’une des appellations des communes de Bumbu et de Selembao. Nous avons donc connu l’esprit de sangolu zaku, expression de la langue kikongo signifiant que l’on ne peut avant tout compter que sur sa propre force, c’est-à-dire sur soi-même. C’est d’ailleurs cet esprit qui guidera Roger Dercky face à un danger imminent.
Secundo, en tant que romancier, je suis le créateur de Roger et de Cicéron. J’ai donc un regard paternel sur ces deux personnages. Comment un père peut-il préférer un de ses fils par rapport à l’autre ? J’écris des romans comme un géniteur fait des enfants. L’un d’eux fera de moi ce que je souhaite réellement devenir. Lequel d’entre eux ? L’avenir nous le dira. Raison pour lequel je dois les choyer de la même façon.

Comment un milliardaire peut-il devenir subitement un détective privé ?
On exerce une profession soit par nécessité, soit par vocation, soit par concours de circonstance. Dans le cas de Roger Dercky, c’est un double meurtre dans son luxueux appartement du septième arrondissement de Paris qui l’a poussé à rendre lui-même justice. Le mercenaire sommeillant en lui, ayant grandi dans une mentalité tout à fait galoise, a estimé qu’il était son propre garde du corps. Ainsi a-t-il refusé de laisser la police française régler une affaire personnelle à ses yeux.

Au-delà d’une affaire personnelle, Roger Dercky n’est-il pas guidé par une force mystique ? Êtes-vous, vous-même, un mystique ?
Il y a aussi une part de mysticisme dans les aventures de Cicéron Boku Ngoi. Comme moi, Roger Dercky et Cicéron Boku Ngoi sont des Bakongo, donc des descendants des Bantous. Nous sommes des animistes élevés aussi dans la religion chrétienne. En tant que tels, nous croyons aux forces de l’esprit tout en restant pragmatiques. Par conséquent, on peut comprendre que l’on puisse nous qualifier d’agnostiques à tendance mystique. Voilà l’une des raisons qui a poussé l’auteur que je suis à ouvrir une perspective, dans Le Justicier exécuteur, à travers laquelle le lecteur pourrait assister aux voyages des âmes dans l’au-delà. L’Enfer et le Paradis sont proches, et Roger Dercky bénéficie de la protection de ce phénomène tout en étant victime de leurs conséquences. Disons que l’appartement du septième arrondissement et la ville de Paris ont servi, à travers cette enquête, de champ de bataille entre le Mal et le Bien.

Envisageriez-vous, un jour, une investigation commune entre Roger Dercky et Cicéron Boku Ngoi ?
Ces deux Galois sont mes créatures. Cela laisse supposer qu’ils pourraient un jour coopérer dans l’optique d’une cause commune. Ils pourraient aussi s’affronter, à cause d’un malentendu ou d’un conflit d’intérêt. Caïn n’avait-il pas tué son frère Abel ? Tout est possible. Tout dépendra de l’état d’esprit de l’auteur.


jeudi 30 juin 2016

Les 10 propositions pour la République Démocratique du Congo

Dans l’absolu, l’ABACO axe ses dix propositions sur des valeurs relatives au triptyque – Dieu, les Ancêtres et le Peu­ple – susceptible d’asseoir une politique humaniste en vue de la Liberté, de l’Égalité, de la Sécurité et de la Paix.

La Liberté, parce que l’ABACO souhaite la plénitude de la vie dont doit jouir le citoyen congolais. C’est la souveraineté dont doit bénéficier le peuple pour choisir ses représentants ou ses dirigeants. C’est l’indépendance de la Nation dans la détermination de son avenir politique.

L’Égalité, parce que l’ABACO milite davantage pour que les Congolais vivent dans une société qui doit donner à ses enfants les chances similaires, les opportunités identiques pour bâtir la collectivité et défendre la Nation. Cette dignité doit être apportée par les pouvoirs publics dans la vie quotidienne de chaque citoyen, pour que ce dernier soit épanoui.

La Sécurité, parce que l’ABACO tient à la protection des droits de l’individu et de la collectivité, à l’harmonisation des droits individuels et des libertés publiques en vue de garantir la paix, à la concorde et à l’unité politique de la Nation. La justice doit en principe protéger les plus faibles contre le pouvoir de l’État et de l’administration publique.

La Prospérité, parce que l’ABACO compte sur la meil­leure gestion des ressources abondantes de la collectivité publique, celles-ci devant être mises à la disposition des citoyens pour assurer le succès et le rayonnement, la puis­sance matérielle et la souveraineté politique, le confort social et l’épanouissement économique des populations.
Formats : PDF et EPUB (numériques)

Pour plus d'informations, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://atelieregregore.fr/Les-10-propositions-pour-la-Republique-Democratique-du-Congo

dimanche 22 mai 2016

Le justicier exécuteur

Après qu’il eut commis ces deux forfaits, l’inconnu aux cheveux blonds se mit à fouiller de fond en comble l’appartement dans lequel venait de se dérouler la double scène macabre. N’ayant pas découvert ce qu’il cherchait désespérément, il déserta à regret les lieux, prenant néanmoins le soin de tirer la porte derrière lui.

Pourquoi ces deux meurtres sous le toit de Roger Dercky ? Pourquoi cette tuerie, dans son appartement, en son absence ? Était-ce une façon délibérée de lui créer des ennuis ? S’était-il agi d’un acte prémédité ? Voulait-on mettre ces deux crimes sur son dos ? Qui était le meurtrier ? Le ressortissant zaïrois se mit de nouveau à la recherche d’éventuels indices. À quoi diantre serviraient-ils, si leur absence renforçait l’esprit de sa conviction initiale ? La seule manière pour Roger Dercky de mettre vraiment à l’épreuve son mental fut de mesurer sa capacité à supporter l’accumulation des questions sans l’ombre d’une réponse.


Dans cet ouvrage, en plus d’une époustouflante enquête policière, l’auteur ouvre une perspective à travers laquelle le lecteur pourra voir les âmes parcourir l’au-delà dans l’optique de baguenauder avec les entités célestes et les esprits de l’Enfer...

samedi 23 janvier 2016

Au pays des mille collines

Dans toutes les officines occidentales, le général Paul Kagamé, cet ex-chef des services secrets ougandais et proche conseiller du très cynique président ougandais Yoweri Kaguta Museveni, était considéré comme le vainqueur et le probable futur homme fort du Rwanda. Pourtant, il avait gardé un mauvais souvenir à cause de la spectaculaire débandade, en 1990, des rebelles rwandais basés en Ouganda face aux éléments des Forces armées zaïroises conduits par le général Mahele Lieko Bokungu. Ce dernier, en l’occurrence Donatien, était un ancien gamin de la zone de Ngiri-Ngiri que les Zaïrois avaient affectueusement surnommé « le tigre ».
En tout cas, après l’attentat en avril 1994 contre l’avion du général Juvénal Habyarimana, la responsabilité de l’acte ayant provoqué les massacres de plusieurs centaines de milliers de Rwandais demeurait inconnue. Aucune investigation n’avait été sérieusement menée sur le terrain.

Titre : Au pays des mille collines
Auteur : Gaspard-Hubert LONSI KOKO
Éditeur : L’Atelier de l’Égrégore
Collection : Roman/Nouvelle
Formats : EPUB (numérique)
Prix : 11,97 euros
Genre : Policier
Sortie : février 2016

mercredi 9 décembre 2015

Au bout de leurs rêves

A travers cette émission animée et présentée par Nathalie Karsenti sur Télésud, il est question du « paradoxe lonsien » ou de « l’ambiguïté banacequienne ». L’auteur évoque, dans un cadre privé, quelques-uns de ses ouvrages, sa passion pour la politique, l’écriture et la lecture.


lundi 19 octobre 2015

Pourquoi faudrait-il à tout prix capturer le léopard ?

A l’occasion de la sortie de son dernier roman La chasse au léopard, nous avons rencontré Gaspard-Hubert Lonsi Koko afin de nous faire une idée des nouvelles pérégrinations kinoises de Cicéron Boku Ngoi.

Vous venez de publier, sous un format numérique, un roman intitulé La chasse au léopard. Est-ce la suite de votre précédent ouvrage, c’est-à-dire Dans l’œil du léopard ?

Ces deux romans, à savoir La chasse au léopard et Dans l’œil du léopard, font partie intégrante de La trilogie des Grands Lacs, le dernier ouvrage qui la compose étant Au pays de mille collines. Toutefois, ces trois ouvrages constituent des histoires distinctes qui ont comme cadres, sur le plan régional, le Zaïre de Mobutu Sese Seko et le Rwanda après l’assassinat du président Juvénal Habyarimana.

Les ouvrages précités évoquent des faits véridiques, alors qu’ils ne sont que des fictions policières. Comment expliquez-vous cet aspect narratif ?

Un auteur dispositif d’une certaine liberté. Celle-ci lui permet de relater à sa manière les faits historiques, économiques, sociaux, politiques et géostratégiques. Ces deux romans, lesquels concernent les investigations de Cicéron Boku Ngoi à travers les pays des Grands Lacs africains, se déroulent dans un contexte vrai sur le plan historico-politique. Le reste n’est qu’une pure imagination que l’auteur émerveillé offre aux lecteurs ayant une connaissance parfaite du Zaïre, l’actuelle République Démocratique du Congo, et du Rwanda. Cette fiction permet aussi aux béotiens de se faire une idée, au-delà des tribulations du personnage principal, des contextes socio-économique et politique de l’époque relatifs aux deux pays concernés.

Mais il n’y a pas que l’aspect régional dans ces deux ouvrages…

Tout à fait. Les relations franco-africaines y trouvent une place importante dans la mesure où Cicéron Boku Ngoi, le détective privé zaïrois vivant à Paris, mène chaque fois ses enquêtes pour le compte du gouvernement français. L’auteur profite de cette particularité pour se pencher sérieusement sur l’implication de la France dans son « pré carré » africain, notamment dans les anciennes colonies belges représentées par la République du Zaïre et le Rwanda.

Et cette chasse au léopard ?

A la suite de l’assassinat de l’ambassadeur de France en 1993, lors du soulèvement des éléments armés de la Division spéciale présidentielle (DSP), le quai d’Orsay a pris la résolution en guise de représailles, à la demande du Palais de l’Elysée, de faire enlever le maréchal Mobutu Sese Seko, dit le grand léopard, afin de l’exfiltrer vivant vers Paris. Ainsi le ministère français des Affaires étrangères décide-t-il de recourir aux services du patron du Ndanda Holding International (NHI), en l’occurrence le génial détective privé Cicéron Boku Ngoi. Sauf qu’il n’est pas du tout facile de capturer un léopard. Mais laissons aux lecteurs le soin de découvrir, par eux-mêmes, la suite des événements.

© Koko Livres

jeudi 6 août 2015

La chasse au léopard


Certes, le renard est un animal très rusé. Pour mener à bien l’expédition que le Quai d’Orsay envisageait sur le sol zaïrois, il fallait un chasseur expérimenté. De plus, il n’était nullement question de s’introduire dans un poulailler, mais d’opérer dans la jungle africaine. Il s’agissait plutôt de la chasse au léopard. Ainsi fallait-il recourir aux services d’un spécialiste de l’enlèvement dans le but de capturer le maréchal Mobutu vivant et de l’exfiltrer vers la France. Il devait neutraliser le léopard dès la première tentative, au risque de s’exposer aux pires représailles de la part de ses zélateurs. L’opération que s’apprêtait à mettre en place la France comportait, à n’en pas douter, beaucoup de risques.

Format : numérique (epub)

Éditeur : L'Atelier de l'Égrégore
Auteur : Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Genre : policier
Sortie : octobre 2015

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jeudi 14 mai 2015

Lonsi Koko en verve !

Son dernier ouvrage intitulé Dans l’œil du léopard, un roman policier sous format numérique, est en vente depuis le début du mois de mai sur le site de l’Atelier de l’Egrégore et dans les espaces connus des internautes : Amazon, la Fnac, Kobo, googlebooks, youscribe, etc. Cette interview est l’occasion pour l’auteur, en l’occurrence Gaspard-Hubert Lonsi Koko, de livrer aux lecteurs un aperçu global de son œuvre.

Charlotte de Courchevel : Pourquoi avoir choisi la Bretagne comme cadre pour évoquer votre parcours littéraire ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
Les bantous disent que l’eau va toujours à la rivière. Je suis Breton par mes enfants qui, bien qu’encore petits, s’intéressent beaucoup ma passion pour l’écriture. J’ai tenu à leur rendre hommage, en guise de remerciement. Au-delà de l’appartenance de mes enfants à la culture celte, la Bretagne me renoue avec une force tellurique, vraisemblablement mystique, que je ne retrouve que dans le Bas-Congo, la terre de mes aïeux.

Charlotte de Courchevel : Etes-vous, en quelque sorte, en parfaite harmonie avec cette terre bretonne ? Est-elle une source d’inspiration pour vous ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
Indépendamment du fait d’avoir des enfants qui sont à la fois des Bakongo et des Bretons, qui évoluent merveilleusement dans un univers bantou-celtique, je suis un immigré polyvalent. Je me sens chez moi partout. Cela explique peut-être le vertige métaphysique, conception chère à l’écrivain argentin Borges, que le lecteur attentif découvre de temps à autre dans un coin de mes récits.

Charlotte de Courchevel : Quels sont les auteurs préférés de l’homme de grande culture que vous êtes ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
Parmi les auteurs que j’ai lus, et ils sont nombreux, seuls trois ont réellement influencé ma passion pour la littérature. Il s’agit de James Joyce, de Vladimir Sirine Nabokov et de Jorge Luis Borges. Ils m’ont donné l’envie de ne vivre qu’en écrivant des livres, même si, de nos jours, l’écriture reste un hobby qui me permet de m’évader de temps en temps, d’oublier la dureté des combats politiques et les contraintes de la vie professionnelle.

Charlotte de Courchevel : Et la Dordogne, dans tout ça ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
Il est vrai que je suis également Périgourdin d’adoption, ayant souvent séjourné dans le Périgord noir. Il fut un temps où je passais mes fins de semaine et mes vacances en Dordogne, à laquelle j’ai consacré un récit romanesque intitulé Drosera capensis.

Charlotte de Courchevel : Une plante carnivore…
Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
Exactement. Il s’agit d’une métaphore m’ayant permis de me pencher sur la déception amoureuse d’un jeune homme qui fut victime d’une femme mystérieuse que d’aucuns avaient surnommé « drosera capensis ». Ainsi fallait-il s’interroger sur le nombrede proies humaines que cette belle plante carnivore allait capturer et digérer. J’ai donc voulu offrir aux lecteurs un dénouement fatal, par le truchement des amours folles de différents protagonistes dans un environnement périgourdin comme toile de fond. Un véritable voyage imaginaire à travers un tableau coruscant.

Charlotte de Courchevel : Tout justement, vous évoquiez tout à l’heure le fait d’être un immigré polyvalent. Est-ce pour cela que vous avez écrit Le demandeur d’asile ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
La trame de cet ouvrage, c’est-à-dire Le demandeur d’asile, je l’ai tiré d’une histoire que j’ai tout simplement romancée. Il s’agit d’une sorte de témoignage dans le but de dénoncer la flagrante contradiction entre l’image de marque de la France et le labyrinthe dans lequel s’engage le candidat au statut d’asile politique après s’être enfui de la dictature corrompue que soutiennent avec immoralité certains pays occidentaux. A travers la vision intradiégétique de Léopold Mwana Malamu, le lecteur ne peut que se faire une idée du parcours du combattant, tout à fait kafkaïen, qu’empruntent beaucoup d’immigrés.

Charlotte de Courchevel : Et La vie parisienne d’un Négropolitain ? Est-ce le prolongement de la mésaventure de Léopold Mwana Malamu ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
A l’instar de Léopold Mwana Malamu, Parfait Luyindula est effectivement un immigré. Je dirais polyvalent, comme moi (rire).

Charlotte de Courchevel : Cet ouvrage raconte donc votre propre histoire…
Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
Non, non. Il est question d’un Parisien d’adoption, d’un bounty très bien intégré dans la société française.

Charlotte de Courchevel : Comme vous…
Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
Le visage de l’auteur se cache derrière chaque ouvrage qu’il écrit. Je m’inscris en faux, s’agissant de La vie parisienne d’un Négropolitain, par rapport à cette vision hugolienne. Mes critiques les plus perspicaces me reprochent, entre autres, d’être plus Parisien que Kinois. Il est certain que j’ai vécu plus longtemps à Paris qu’à Kinshasa, qui plus est ma ville natale. Mais je ne suis pas Parfait Luyindula, d’autant plus que certains écrivains ont souvent recours à la fiction pour raconter des histoires réelles. A travers cet ouvrage, j’ai voulu encore une fois insister sur la problématique de l’immigration en développant des thèmes capitaux qui ressurgissent toujours à l’approche de chaque enjeu électoral dans les sociétés occidentales.
Quant à mon dernier roman, Dans l’œil du léopard, il met l’accent sur le régime dictatorial qui permettait au maréchal Mobutu Sese Seko de diriger, d’une main de fer, la République du Zaïre. Une époque où l’on ne badinait pas du tout avec ce qui touchait à la présidence de la République.

Charlotte de Courchevel : Votre bibliographie est aussi composée d’essais. Pourquoi ce goût pour des réflexions planétaires ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
Je suis un militant politique, un socialiste jauressien. Et le socialisme jauressien est par nature d’obédience humaniste, donc planétaire. C’est dans cette optique que j’ai écrit Mitterrand l’Africain ?. C’est en tant qu’essayiste réformiste et analyste politique, que j’ai confiné mes réflexions dans Un nouvel élan socialiste. C’est en tant qu’internationaliste que j’ai décliné, avec Jacques Laudet, la pensée socialiste française dans Socialisme, un combat permanent.

Charlotte de Courchevel : Et l’Afrique ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
Dans Mitterrand l’Africain ?, j’ai démontré la complexité des relations franco-africaines à travers le sinueux parcours de l’ancien président de la République française, en l’occurrence François Mitterrand. J’ai tenu à décortiquer minutieusement les réseaux ayant été mis en place par Jacques Foccart et entretenus par quelques africanistes de gauche. Les autres ouvrages traitent plutôt de la République Démocratique du Congo, car le citoyen du monde que je suis détient originellement la nationalité congolaise. J’ai donc consacré trois essais politiques à mon pays : La République Démocratique du Congo, un combat pour la survie ; Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique ; et, enfin,Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands lacs.

Charlotte de Courchevel : De véritables projets de société.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
Je ne vous le fais pas dire…

Charlotte de Courchevel : Ambitionnez-vous, par hasard, une carrière politique en République Démocratique du Congo ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
Une carrière politique ? Je ne conçois pas la politique comme une profession. La politique au sens habituel est un combat, elle est un engagement de l’être humain. Politiquement parlant, j’assume l’enseignement mitterrandien et…

Charlotte de Courchevel : Donc ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
J’ai des principes et des convictions. Des projets novateurs également…, mais chaque chose en son temps. Tout Congolais consciencieux, qui a une vision étatique doublée d’une dimension humaniste, doit pouvoir aspirer un jour aux destinées de la République Démocratique du Congo. Je n’exclus pas cette hypothèse… Ayons seulement la lucidité de laisser le temps au temps. De plus, je suis convaincu qu’un courant très fort finira par balayer toutes les aspérités qui troublent l’eau du fleuve Congo. Ainsi le climat politique deviendra-t-il favorable à une nouvelle ère propice à l’épanouissement du peuple congolais et à l’émergence d’un Etat de droit économiquement viable.

Propos recueillis par Charlotte de Courchevel

mercredi 29 avril 2015

Dans l’œil du léopard

Connu dans le milieu africaniste de France et d’Europe comme le loup blanc, Gaspard-Hubert Lonsi Koko vient de publier à L’Atelier de l’Egrégore, à la grande surprise de tout le monde, un roman policier intitulé Dans l’œil du léopard. Mais comme il l’a si bien expliqué dans une interview accordée à Roger Musandji, le patron du site Œil d’Afrique, la vie de l’auteur ressemble beaucoup à la Gazette d’hier et d’aujourd’hui dans la mesure où tout est dedans, et libre aux gens d’y puiser ce qui les intéresse. En effet, Lonsi Koko s’est toujours contenté d’entreprendre ce qui lui a plu, et continue de lui plaire, tout en sachant dissocier les occupations littéraires des préoccupations politiques et des activités professionnelles, et aussi de préserver son univers privé. Une seule certitude, il est un homme de grande culture à tendance humaniste.

Le synopsis

Dans l’œil du léopard, le lecteur apprend que les séides du maréchal zaïrois, le dictateur Mobutu Sese Seko, placèrent sous très haute surveillance la chambre occupée par maître Patrick de Lavigerie, un avocat français qui avait été kidnappé lors de son séjour à Kinshasa. Ainsi le célèbre détective, Cicéron Boku Ngoi, devrait-il le retrouver à la demande du Quai d’Orsay. Dans la capitale zaïroise, les instructions furent données de signaler la présence de tout ressortissant français qui descendrait, à l’avenir, à l’hôtel Intercontinental. Le directeur du complexe hôtelier perdrait son emploi, voire sa vie, au cas où il ne se conformerait pas aux directives et aux exigences d’agents des services de renseignements.
Le détective était, dorénavant, dans l’œil du léopard, d’autant plus qu’au Zaïre du maréchal Mobutu, surnommé le grand léopard, on ne badinait pas du tout avec ce qui concernait, de loin ou de près, la présidence de la République. Tout le monde, y compris les politiciens, était sous la botte de la Division spéciale présidentielle, de l’Agence nationale de documentation et du Centre national de recherches et d’investigations.

Kinshasa, la ville en érection

Dans cet ouvrage, on évolue dans une ville en pleine érection. On suit l’investigation du détective venu droit de Paris à travers le quartier de Matonge, une sorte de Pigalle à la kinoise ayant longtemps été considéré comme le fief des chanteurs Papa Wemba et le Commandant Dona Mobeti. On se laisse emporter par une subtile mélodie captivante, quasiment envoûtante, des Bobongo Stars, grâce à la voix ensorcelante de Bastia Nama Matingu et au son endiablé, tout à fait captivant, de la guitare de Shakara Mutela tout en regrattant l’absence du grand Michelino Mavatiku Visi. Effectivement, Mavatiku Visi aurait pu enrichir davantage, de quelques notes dont lui seul détenait le secret, la musique de cet orchestre au son envoûtant qui renvoyait à l’époque où la grande Cora Walton – connue sous l’appellation de Koko Taylor – faisait vibrer les tripes des Noirs dans la ville de Memphis dans d’État du Tennessee. On y apprend que le diable ne s’habillait pas seulement chez des grands couturiers européens, mais il portait aussi la casquette Stetson, mesurait 1,75 mètre et avait la peau noire.
En tout cas, le lecteur se trouve soudain confronté, à cause d’un panorama dans un coin du récit, au « blues de Kinshasa » pendant que, quelque part en enfer, Satan était très tourmenté.
Les pérégrinations de Cicéron Boku Ngoi dans un dancing où des filles presque nues, aux corps longilignes semblables à ceux des impalas, des travestis aux longues jambes, des anges archanges fourvoyés, et des chattes de luxe dansaient sensuellement sous le regard admiratif de quelques Européens, à la mine patibulaire, dont les crânes étaient rasés. On se serait cru en Allemagne, dans les années 1930, plus précisément au Himmel und Hölle (le Ciel et l’Enfer), un ancien cabaret berlinois qui était situé non loin de l’Église mémorial Kaiser-Wilhelm. Sous la plume de Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Kinshasa ressemblait complètement à la ville de Berlin en pleine débauche, mœurs qui préparèrent la prise du pouvoir par Adolf Hitler et le Parti national-socialiste. À une différence près, en République du Zaïre, la dictature était déjà au pouvoir. Sauf si les nazis se trouvaient dans la capitale zaïroise pour apporter leur savoir-faire aux tortionnaires du maréchal Mobutu, ce dernier étant aussi appelé Mobutu SS. De plus, les clients européens qui fréquentaient ce dancing, dont les airs s’apparentaient à ceux des nazis, auraient très bien pu s’appeler Joseph Goebbels, Hermann Wilhelm Göring, Heinrich Himmler, ou Erwin Rommel. Leur ressemblance à des monstres comme Adolf Eichmann, Josef Mengele, Rodolph Hess, Martin Bormann, Klaus Barbie, Rudolf Franz Ferdinand Höss, Martin Bormann… ne pouvait que présager le durcissement du régime mobutiste.

Charlotte Mondo

© Agoravox            

Titre : Dans l’œil du léopard
Auteur : Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Genre : policier

Format : numérique (epub)

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